L’Émission #1/3 avril 2019



Bienvenue dans la nouvelle formule de 6néma. Chaque mercredi, je vous proposerai la critique des films que j’ai vus et qui sortent dans les salles belges.


« Grâce à Dieu » est le dix-huitième long métrage de François Ozon en vingt ans. Une belle cadence et quelque soit le film qu’il réalise, le cinéaste français arrive à captiver, à interpeller. Ici, il aborde un thème brûlant d’actualité, la pédophilie dans l’Église.
C’est un film remarquable, juste, évitant les écueils sur un sujet délicat. On entend surtout le silence assourdissant de la hiérarchie catholique qui a couvert les agissements pédophiles du Père Preynat auprès de scouts dans les années 80-90. Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, récemment condamné à six mois de prison avec sursis, connaissait la situation depuis plus de dix ans.
C’est une fiction basée sur des faits réels. François Ozon opte pour le point de vue des victimes. Des gens comme vous et moi. Des gens lambda. Des gens que vous côtoyez peut-être chaque jour. C’est donc en toute logique qu’on ressent toute la souffrance induite par des années de silence, de non-dits, sans pour autant parler d’un parti pris. On est totalement bouleversé. Il n’y a aucun discours politique, juste un constat terrible pour l’Église qui a ignoré ces victimes.
Le réalisateur a réuni un casting remarquable : Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud, Eric Caravaca, Hélène Vincent ou encore Josiane Balasko.
Grâce à Dieu ne laisse pas et ne vous laissera pas indifférent ! C’est sans aucun doute un des films de 2019.

Poursuivons avec « La Lutte des Classes » de Michel Leclerc, le réalisateur du « Nom des Gens » et de « Télé Gaucho ». Paul, Edouard Baer, et Sofia, Leïla Bekhti, déménagent de Paris vers la proche banlieue parisienne. Ce faisant, ils vont chambouler la vie de leur enfant.
Avec humour, en n’occultant pas une certaine réalité, le film rend compte des heurts et malheurs de l’école républicaine en France, un modèle tant vanté par nos voisins, partant complètement en quenouilles.
Et « La Lutte des classes », ce n’est plus vraiment l’opposition entre riches et pauvres, entre patron et ouvrier mais plutôt le fait que les Blancs partent des écoles où ils sont devenus minoritaires.

Il y a aussi « Mon Inconnue », le nouveau film de Hugo Gélin, petit-fils de Daniel Gélin et fils de Xavier Gélin. C’est une comédie romantique, avec François Civil et Joséphine Japy dans les rôles principaux et un irrésistible Benjamin Lavernhe dans le rôle du pote. Si le film est drôle et bien interprété, il souffre de quelques longueurs, il dure presque deux heures. Il aurait été plus efficace si avait été un peu moins long. Néanmoins, il séduira les amateurs de comédies romantiques.

Enfin, « Tea with the Dames » de Roger Michell est un documentaire qui intéressera surtout les amateurs de cinéma anglais. Pendant près d’une heure et demie, on a droit à un papotage entre quatre dames d’un certain âge sur leurs carrières respectives. Si on ne connaît pas la carrière de ces dames, on est vite largué.

A la prochaine !