L’Émission #5/1er mai 2019

Bienvenue ! Au sommaire: « L’Incroyable Histoire du facteur Cheval », « Tel Aviv on Fire », « Hotel Mumbai », « La Grand-Messe », « Qui m’aime me suive », « Nous finirons ensemble »

En 2015, Fanny Desmares, une scénariste belge, remporte le Prix Beaumarchais Cinéma Long Métrage. Le sujet: le facteur Cheval qui, pendant 33 ans, a bâti le Palais Idéal considéré maintenant comme un chef-d’oeuvre d’art naïf. Ce scénario, Nils Tavernier s’en est emparé pour le mettre en images. L’on peut dire que c’est une belle réussite que « L’Incroyable Histoire du facteur Cheval ». Certains objecteront que le film est de facture classique, que c’est une histoire banale qui n’intéresse personne. Détrompez-vous, un homme ordinaire, pour l’amour de sa fille, va réaliser l’extraordinaire, construire une œuvre d’art avec des pierres ramassées le long de sa longue tournée de facteur, 32 kilomètres ! L’oeuvre d’une vie, traversant le temps, venant jusqu’à nous au travers du grand écran pour nous dire qu’il faut apprécier le temps qui passe à sa juste mesure.
Côté interprétation, Jacques Gamblin incarne le facteur Cheval et réalise une belle performance tout comme Laetitia Casta. Je retiens aussi la prestation de Bernard Lecocq, plus connu pour son rôle dans la série « Une famille formidable » mais qui, chaque fois qu’il joue au cinéma, m’épate.
Bref, un film qui fait du bien, simple, sans chichis.

« Tel Aviv on Fire » est réalisé par un Palestinien, avec des acteurs israéliens, palestininiens et la Belge Lubna Azabal. Le film a été récompensé à la dernière Mostra de Venise, Saint-Jean de Luz, Montpellier, Liège et Bruxelles.
Ce qui frappe avant tout, c’est l’humour et l’originalité, dans un contexte a priori assez peu propice à l’humour. Le réalisateur parvient à nous tenir en haleine du début à la fin. On est embarqué, pour notre plus grand plaisir, dans une histoire tout à fait invraisemblable de scénariste se faisant aider par l’officier en charge du check-point où il doit passer régulièrement et fan de la série sur laquelle ce fameux scénariste travaille et l’air de rien, à force de discussions, cet officier va influer sur l’histoire.
« Tel Aviv on Fire » propose une vision particulière du quotidien israélien et palestinien. Le film ne cherche pas à trouver des solutions à une situation toujours aussi inextricable mais parvient à distraire intelligemment sans caricaturer l’une ou l’autre des communautés.

Il y a onze ans, Bombay, ville indienne de 12 millions d’habitants, vivait des attaques terroristes islamistes d’une durée de trois jours, près de 200 personnes ont été tuées sans aucune pitié. C’est cette histoire que nous raconte Anthony Maras, un réalisateur australien dont c’est le premier long métrage.
D’un bout à l’autre, on suit avec stupéfaction ces tueries sauvages, on en sort horrifié, bouleversé. Tout comme « Utoya 22 juli », le récent film sur les attentats en Norvège, « Hotel Mumbai » est une fiction sur des faits réels mettant le spectateur au centre de l’action. Comme pour « Utoya 22 juli », c’est une sorte de témoignage permettant à tout un chacun de toucher de près l’horreur d’un attentat.

Même si vous n’aimez pas le vélo et/ou le Tour de France, le documentaire « La Grand-Messe » co-réalisé par Valéry Rosier et Méryl Fortunat-Rossi vous plaira. Les deux compères filment à un endroit stratégique, la montée de l’Izoard, un des lieux mythiques de la Grande Boucle. Là où les spectateurs du Tour de France s’installent pour assister à cette fête du vélo, passer quelques secondes à la télévision, récupérer les cadeaux des sponsors… Tout un microcosme qui a ses habitudes, qui oublie pendant quelques jours le monde réel.

On pourrait résumer « Qui m’aime me suive » comme une comédie sentimentale pour sexagénaires. Le vrai intérêt du film, c’est de voir Catherine Frot, Daniel Auteuil et tiens, tiens, Bernard Lecocq dont je vous ai parlé plus avant, s’amuser comme larrons en foire. C’est un petit film léger s’oubliant aussi vite qu’on l’a vu.

Etait-il bien utile de faire une suite aux « Petits Mouchoirs », film ayant fait plus de 5 millions d’entrées en France il y a dix ans.
Oui, c’est un film de potes, cela pouvait être amusant de savoir ce qu’ils étaient devenus, oui, il y a cette maison au bord de mer, théâtre de tant de bons moments pouvant relancer la flamme de l’amitié tant d’années après. Franchement, moi, je me suis ennuyé et par-dessus le marché, cela dure 2h15.

A la prochaine !