L’Émission #10/12 juin 2019

Bienvenue ! Au sommaire : « Rocketman », « Le jeune Ahmed », « J’veux du soleil »

Dexter Fletcher est le réalisateur qui a terminé « Bohemian Rhapsody » après l’éviction de Bryan Singer. Ici, pour le biopic sur Elton John, il est complètement à la manœuvre et quand on voit « Rocketman », on se dit que si il avait entièrement réalisé le film sur la diva de Queen, on aurait eu droit à du bon, du très bon.
Dans « Rocketman », peu nous est épargné des affres subis par Elton John : la froideur de son père, l’amour distancié de sa mère. Et aussi de l’envers du décor du show-biz : l’exploitation par un manager, les diverses addictions : drogues, alcool. I
Le film est totalement surréaliste et délirant dans son aspect comédie musicale dans laquelle Taron Egerton est à fond dès la première seconde et livre une grosse performance. La bande-son est évidemment impeccable, parsemée des plus grandes chansons d’Elton John. Le casting est au diapason.
« Rocketman » est un portrait magistral, très « sex, drugs and rock’n’roll », sans édulcorant mais avec beaucoup de paillettes et de feux d’artifice, présentant Elton John sous un jour bien plus complexe que sa notoriété ne nous le laissait supposer.

Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai beaucoup de mal avec le cinéma des frères Dardenne. Il y a deux ans et demi, j’avais été voir « La fille inconnue », j’écrivais après la vision que c’est du social plombant et ennuyeux, sans aucune perspective, sans aucun espoir et je terminais en disant que je ne m’infligerais plus un film des Dardenne.
Pourtant, j’ai été voir Le jeune Ahmed. Pourquoi ? Parce que primo, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, deuxio, parce qu’il pouvait avoir une sorte de révélation.
Ce qui est embêtant pour les Dardenne, c’est qu’en avril, j’ai vu « L’adieu à la nuit » d’André Téchiné et ce film est le meilleur que j’aie vu sur le radicalisme. Je n’ai pas changé d’avis après la vision du jeune Ahmed. En fait, le problème est que les personnages chez les Dardenne manquent singulièrement de chair et le jeu est détestable à regarder.
Donc rien n’a changé, le cinéma dardiennien n’est pas fait pour moi.

« J’veux du soleil » vient trop tard, bien trop tard, les spectateurs auraient dû le voir en janvier et en février au moment où les Gilets Jaunes étaient encore au plus haut dans l’opinion française. Toutefois, il reste une collection de témoignages notamment recueillis par François Ruffin, réalisateur de « Merci Patron » en 2016 et actuellement député de la France Insoumise.
Des témoignages nous faisant comprendre pourquoi le mouvement de Gilets Jaunes s’est vite propagé, des témoignages faisant monter les larmes aux yeux puisqu’on se demande comment ces gens arrivent, non pas à vivre mais à survivre avec trois francs six sous.

A la prochaine !