L’Émission #14/14 septembre 2019

Bienvenue ! Au sommaire: « Parasite » de Bon Joon-Ho, la Palme d’Or du dernier Festival de Cannes, « The hummingbird project » de Kim Nguyen, « Fourmi » de Julien Rappeneau et « Deux Moi » de Cédric Klapisch.

Le réalisateur coréen Bong Joon-Ho nous propose, avec « Parasite », quelque chose d’immense. Cela faisait longtemps qu’on attendait une telle Palme d’Or. Non content d’avoir signé son meilleur film à ce jour, Bong Joon-Ho nous assène une énorme claque, une véritable symphonie tutoyant à chaque instant la perfection. Dit plus succinctement, c’est un chef d’oeuvre.
De « Parasite », je retiens la fluidité du scénario, glissant d’une situation à une autre avec un sens du rythme captivant sans aucune interruption. Bong Joon-Ho a cette capacité de mélanger les genres au sein d’un même film : on passe ainsi de la comédie burlesque à la satire sociale, en passant par le thriller, le film d’épouvante, également de la chronique quotidienne au mélodrame, sans que jamais le film ne soit ralenti ou affaibli par ces changements de ton. Et réduire Parasite à une allégorie de la lutte des classes serait trompeur : il est bien plus que ça. Cela nous donne à réfléchir sur la marche du monde. On se pose la question : le parasite est-il vraiment celui que l’on croit ?
Je n’oublie pas la distribution, tous les acteurs et actrices jouent juste, il n’y a pas une seule fausse note. Il y a encore une belle mise en scène, de celles dont on va se souvenir longtemps ainsi qu’une utilisation géniale des décors.
Au final, vous obtenez un plaisir de spectateur total.

Vite, vite, toujours plus vite, tel est le credo de notre société et plus particulièrement de la Bourse. Le lieu où une milliseconde de moins peut faire gagner énormément d’argent. « The Hummingbird Projet » du Canadien Kim Nguyen, à la fois réalisateur, scénariste et producteur éxécutif, nous parle donc de la construction d’une fibre optique reliant le Kansas à New-York.
Le film est surtout un regard sur les risques de l’argent vite gagné, ses risques, ses mensonges et tricheries, très réaliste. Parmi les interprètes, il y a Salma Hayek, comme jamais vue auparavant, assumant avec délices son rôle de femme d’affaires. Aussi Jesse Eisenberg, à la fois insupportable et brillant, et Alexander Skarsgård, d’une naïveté diabolique.
Sachez également que c’est une production canado-belge et et l’on retrouve l’acteur belge Johan Heldenberg.

Après l’intermède « Mon Ket » où il était, à la fois, réalisateur et le principal protagoniste, François Damiens revient à ce qu’il sait le mieux faire, jouer l’acteur.
Le deuxième long métrage de Julien Rappeneau, trois ans après « Rosalie Blum », n’invente ni ne réinvente rien, mais du haut de sa modestie, le film déroule une belle histoire tendre et émouvante, articulée autour d’une belle histoire père-fils entre besoin de rédemption et envie de rendre fier. C’est clairement le scénario qui m’a séduit et pris au cœur. Mais pour qu’il existe, il fallait des acteurs à la hauteur. Là, François Damiens prouve encore une fois que son talent ne s’arrête pas à ses caméras cachées et qu’il est capable d’une grande sensibilité dramatique. Face à lui, le jeune Maleaume Paquin tient la route. Il y a également André Dussolier en entraîneur de foot et Laetitia Dosch en assistante sociale très impliquée.
A l’arrivée, on a droit un joli film, sincère et attendrissant dont on ressort avec la banane.

Pour moi, « Deux moi » est clairement le moins bon Klapisch que j’ai vu. Déjà, pour le précédent « Ce qui nous lie », j’avais un avis mitigé.
« Deux moi » est une succession de scènes sans fil conducteur, à tel point que j’ai pensé que le réalisateur a oublié d’écrire le scénario. Les deux rôles principaux, François Civil et Ana Girardot qui étaient déjà dans Ce qui nous lie, font ce qu’ils peuvent mais… Bref, je me suis prodigieusement ennuyé.

A la prochaine !