FIFF 2019 – Balade dans les courts métrages

Le court métrage n’est pas seulement un apprentissage pour aller vers le long métrage, c’est aussi un genre de cinéma en soi pour peu que l’on s’y intéresse.


Le week-end dernier, je suis donc allé au Festival International Francophone de Namur où il y avait deux compétitions courts métrages, l’une de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec 22 films, l’autre internationale avec 12 films, au total, 34 films ont été projetés.
Je ne vais vous parler de tous les courts métrages, ce serait long et barbant. Une petite dizaine ont attiré mon attention, c’est ceux-là que je mets en exergue.

Je mets au-dessus du lot, dans la compétition de la Fédération Wallonie-Bruxelles, « La musique » de Jean-Benoît Ugeux et « Matriochkas » de Bérangère McNeese.
« La musique » nous parle de la relation entre un ado et le père séparé de la mère. Les situations peuvent paraître banales mais sont le reflet de la réalité. Surtout ce sont les dialogues qui donnent le la, ils sont, à la fois, drôles, tapés au coin du bon sens. Une belle réussite !
« Matriochkas », lui, nous parle de la relation mère-fille. La mère, qui court d’homme en homme, élève seule sa fille de 16 ans. Celle-ci tombe enceinte et doit choisir entre garder ou pas le bébé. Bérangère McNeese démontre avec Matriochkas qu’elle a un grand talent et qu’on attend impatiemment son premier long métrage.

Les autres courts qui m’ont plu: « Lucia en el Limbo » de Valentina Maurel, l’histoire se passe au Costa-Rica où Lucia est la dernière vierge de la classe. Elle va régler le problème à sa façon. Une façon très étonnante !
« Les Glaçons » de Sara Dufossé est un plan séquence de 10 minutes, répété pendant 5 jours, tourné en un jour et monté en un jour. Il raconte l’histoire de Louise qui se réveille avec une rage de dents et Jérôme, son ex-compagnon, débarque pour discuter de leur situation.
« Mother’s » de Hippolyte Leibovici est un documentaire sur des drags queens notamment Maman, figure des nuits bruxelloises.
« Détours » de Christophe Yates : un rétroviseur cassé donne lieu à une course poursuite dans Bruxelles, un thriller au FIFF, cela manquait.

Dans la compétition internationale, il y avait 8 pays représentés.
J’ai fort apprécié « Omé », un film libanais de Wassim Geagea. Déjà, il nous parle des chrétiens d’Orient dont on connaît peu de choses dans nos contrées. Ensuite, l’action principale est très iconoclaste, je ne vous la dévoilerai pas pour laisser la surprise à ceux qui découvriront « Omé ». Vraiment, bravo au réalisateur !
« Brotherhood » de Meyriam Joobeur est une co-production québeco-tunisienne. Logique puisque la réalisatrice est une Tunisienne installée à Montréal. Le film, situé en Tunisie, raconte l’histoire d’un père confronté au retour de son fils aîné après un séjour en Syrie. Ce n’est pas le thème de la radicalité qui est mis en avant mais plutôt le manque de communication inter-familial.
« Recrue » de Pier-Philippe Chevigny est situé en 2022. Alex a 6 ans, son père appartient à un groupuscule réactionnaire. Ce groupe fait régulièrement des patrouilles illégales mais Alex n’en a cure. Pourtant, il va être impliqué malgré lui. Recrue sonne comme la fin de l’innocence pour un enfant sur un sujet, les migrants, qui ne préoccupe pas seulement l’Europe.
« Postcards from the End of the World » de Konstantinos Antonopoulos est un film grec. Oui, la Grèce fait partie de la francophonie.
Etonnante découverte que ce film, mené par une voix off, nous racontant les tribulations d’un couple en vacances avec ses deux enfants. Le couple est au bord de l’implosion et va vivre une drôle de situation. Grinçant avec une touche d’humour, c’est comme cela que je qualifierais ce court métrage.

Je vous retrouve ce samedi 5 octobre pour commenter le palmarès.

Affiche FIFF Namur 2019