L’Émission #19/27 octobre 2019

Bienvenue ! Au sommaire: « Hors Normes » d’Eric Toledano et Olivier Nakache, « Papicha » de Mounia Meddour, « Donne-moi des ailes » de Nicolas Vannier et « Fahim » de Pierre-François Martin Laval


Olivier Nakache et Eric Toledano sont des réalisateurs adulés et aimés du public depuis maintenant de nombreuses années. Après le faramineux succès d’ »Intouchables » en 2011, plus de 19 millions d’entrées en France et 55 millions dans le monde, « Samba » en 2014 ou encore « Le Sens de la Fête » en 2017, le duo revient avec une comédie ayant pour thème l’autisme en France et réunissant comme têtes d’affiches Vincent Cassel et Reda Kateb.
Tourné en grande partie à Paris, le film présente Bruno et Mali, responsables de deux associations respectives oeuvrant depuis 20 ans dans le monde des enfants et adolescents autistes. Cette alliance hors du commun forme également des jeunes issus de quartiers difficiles, pour encadrer ces cas complexes que la société tend à rejeter.
Semblable à ce qu’ont déjà réalisés le duo de réalisateurs, « Hors Normes » est un intéressant mélange d’humour et de drame. Une réflexion sur la société qui fait sourire de manière différente. Une nouvelle approche de la part d’Eric Toledano et Olivier Nakache globalement réussie apportant de la bonté et leur regard sur un sujet dur. Traité souvent, au cinéma, d’une manière condescendante.
Le film arrive à monter en puissance, avant tout grâce à son casting, les anciens (Vincent Cassel,Reda Kateb, Hélène Vincent, Alban Ivanov) comme les nouveaux (Bryan Mialoundama, Lyna Khoudri, Darren Muselet). Leurs énergies est le point fort de cette comédie sociale, entre guillemets. Et comme l’indique le générique de fin, 5% des profits du film iront à différentes associations, un beau geste de la part des producteurs.

« Papicha », jeune fille coquette en algérien, de Mounia Meddour est un film algérien qui ne sortira pas dans les salles en Algérie. Cela sans explications. Pourtant, le scénario a été lu et retenu par la commission ministérielle, il a été tourné en Algérie et a obtenu le visa d’exploitation nécessaire à toute projection publique. Quel est donc ce film faisant peur aux autorités algériennes ?
L’action se situe dans les années 90, moment où l’Algérie vivait des années noires. Nedjma, 18 ans, rêve de devenir styliste, elle vit à la cité universitaire. Mais son mode de vie de femme libre va rapidement être rattrapé par la guerre opposant le gouvernement au mouvement islamiste. Faire le mur devient de plus en plus compliqué. Et ce sont bientôt ses rêves de belles tenues qui vont être détruits par le port du haïk, l’étoffe qui recouvre tout le corps. Des affiches sont d’ailleurs apposées partout avec le message suivant : « Ma Sœur, ton image est précieuse. Prends en soin, sinon on s’en occupe ». Bien qu’elle considère l’Algérie comme une grande salle d’attente où tout le monde attend quelque chose, Nedjma aime son pays et préfère résister plutôt que fuir.  « Papicha » est un film bouleversant mais restant toujours positif. Et illuminé par la prestation de Lyna Khoudri, elle porte littéralement son personnage.

« Donne-moi des ailes » de Nicolas Vannier est un film surfant sur la vague écolo dont on a du mal à en sortir un véritable enseignement. Les personnages sont plutôt plats, l’ado est une caricature totale et son jeu d’acteur est proche du degré 0 ce qui empêche de développer de l’empathie pour lui et son aventure. Le scénario est prévisible, après dix minutes de film, j’avais déjà compris ce qu’il allait se passer. La mise en place est trop longue, raccourcissant d’autant le véritable sujet : l’envol d’oies nées en captivité. On doit donc se contenter de regarder de beaux plans aériens avec une belle musique. Un documentaire aurait été sans doute plus utile.

Pour son sixième long métrage, l’ex-Robin des Bois Pierre-François Martin-Laval adapte le roman « Un Roi clandestin », le récit autobiographique de Fahim Mohammad. Ce dernier, Bangladais, s’est réfugié avec son père en France et est devenu champion de France d’échecs des moins de 12 ans.
Certes, le sujet donne envie d’en savoir plus sur cette histoire particulière. Mais le scénario est simpliste, trop simpliste, il accumule les clichés.
Depardieu fait du Depardieu, il vocifère à qui mieux mieux, Isabelle Nanty sert de faire-valoir. Assad Ahmed, qui joue Fahim et dont c’est le premier film, ne s’en tire pas trop mal.

A la prochaine !